La revue Nature a mis en lumière des découvertes clés en science nutritionnelle ces dernières années

Des choix alimentaires aux conséquences bien plus profondes qu'on ne le croit

Chaque repas que nous prenons façonne notre corps d'une manière que l'on sous-estime souvent. Que ce soit l'heure à laquelle on boit son café, le fait de préférer une purée à des frites, ou encore la décision d'abandonner la viande — ces choix du quotidien ont des répercussions à la fois immédiates et durables sur notre santé.

À une époque où les principales causes de mortalité sont étroitement liées à des troubles métaboliques induits par une mauvaise alimentation — obésité, diabète, maladies cardiovasculaires — la recherche en sciences de la nutrition cherche à mieux comprendre ces mécanismes. La revue Nature a compilé certaines des découvertes les plus marquantes réalisées dans ce domaine au cours des dernières années.

Le café du matin est meilleur pour votre cœur

Pour des millions de personnes à travers le monde, la journée commence invariablement par une tasse de café bien chaude. Beaucoup en consomment plusieurs au fil des heures d'éveil. Mais le moment de la journée où l'on boit son café aurait-il une influence sur la santé ?

Pour le savoir, des chercheurs ont exploité des données détaillées portant sur 40 725 adultes participant à l'Enquête nationale américaine sur la santé et la nutrition. Résultat : environ un tiers des participants consomment leur café principalement ou exclusivement avant le déjeuner, tandis que moins d'un cinquième en boivent tout au long de la journée. Le reste ne consomme pas de café du tout.

Après avoir pris en compte des facteurs potentiellement confondants — l'âge, le sexe, le tabagisme, les habitudes de sommeil, la présence de pathologies comme le diabète ou l'hypertension, et l'apport total en caféine — les chercheurs sont parvenus à une conclusion claire : boire du café uniquement le matin est l'option la plus saine, plus encore que de ne pas en boire du tout.

Les personnes qui consommaient leur café avant midi affichaient un risque de décès toutes causes confondues inférieur de 16 %, et un risque de mortalité cardiovasculaire inférieur de 31 %, par rapport aux non-consommateurs. En revanche, ceux qui buvaient du café tout au long de la journée présentaient le même risque de mortalité que ceux n'en consommant pas.

Ni la consommation matinale ni celle de l'après-midi n'ont montré d'effet significatif sur le risque de décès par cancer. Les chercheurs avancent que le café consommé en fin de journée pourrait perturber les rythmes circadiens en réduisant la production de mélatonine, favorisant ainsi une hausse de la pression artérielle et un risque accru de maladies cardiovasculaires.

Faut-il passer au régime vegan ?

Les preuves s'accumulent : le microbiome intestinal — cette communauté de bactéries inoffensives qui peuplent notre tube digestif — exerce une influence majeure sur notre santé, en particulier face aux maladies métaboliques telles que le diabète, l'obésité et les pathologies cardiaques.

Cela a naturellement suscité un intérêt croissant pour la façon dont les différents régimes alimentaires modèlent ce microbiome et, par extension, notre état de santé général. Les aliments d'origine végétale favorisent un équilibre sain de la flore intestinale, notamment grâce à leur teneur en cellulose — fermentée par les bactéries — et en polyphénols, qui stimulent la croissance des micro-organismes bénéfiques.

Dans une étude impliquant 21 561 personnes originaires des États-Unis, du Royaume-Uni et d'Italie, les scientifiques ont utilisé la métagénomique pour analyser le profil du microbiome intestinal de chaque participant. Cette méthode permet d'identifier et d'étudier les génomes de nombreux organismes à partir d'un seul échantillon.

Les résultats ont montré que les vegans, les végétariens et les omnivores présentent des microbiomes distincts. Les personnes ayant une alimentation variée affichent en moyenne une plus grande diversité microbienne. Toutefois, certains groupes d'aliments sont associés à des effets sanitaires spécifiques.

Ainsi, les consommateurs de viande rouge sont plus susceptibles d'héberger des bactéries intestinales liées aux maladies inflammatoires de l'intestin, au cancer colorectal et aux pathologies cardiométaboliques. Les végétariens, quant à eux, présentent davantage d'espèces productrices d'acides gras à chaîne courte, reconnus pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Une alimentation riche en produits laitiers est, elle, associée à une plus grande présence de bactéries lactiques généralement bénéfiques pour la santé.

À la recherche des protéines

La faim n'est peut-être pas un signal aussi simple qu'il y paraît. Des indices de plus en plus nombreux suggèrent qu'elle pourrait refléter une carence en nutriments spécifiques. Des études ont ainsi montré que lorsque des animaux manquent de protéines, ils se tournent préférentiellement vers des aliments riches en protéines plutôt que vers des glucides ou des lipides.

Des chercheurs ont entrepris d'élucider les mécanismes neurologiques qui sous-tendent cette attirance pour les protéines, en s'intéressant notamment au rôle de l'hormone FGF21, dont les niveaux sont connus pour augmenter dans le cerveau des animaux nourris avec un régime pauvre en protéines.

Dans un premier temps, les chercheurs ont confirmé que des souris nourries avec des aliments pauvres en protéines préféraient des aliments riches en protéines, même au détriment d'options plus caloriques. Ce comportement disparaissait chez les souris dont le gène Fgf21 ou son récepteur avait été neutralisé.

L'étude a également examiné l'activité cérébrale des souris soumises à des aliments riches en protéines ou en glucides (maltodextrine). Chez les souris normales, la maltodextrine activait les neurones dopaminergiques dans la zone cérébrale associée à la récompense. Chez les souris recevant l'aliment riche en protéines, cette activation avait lieu, mais était absente chez les souris knock-out pour le gène Fgf21.

Ces données démontrent que le FGF21 agit comme un signal endocrinien de restriction protéique qui, en agissant sur le cerveau, renforce l'attrait pour les aliments riches en protéines et stimule leur consommation. Bien que menée chez la souris, cette étude ouvre des pistes prometteuses pour la recherche sur la suralimentation et l'obésité humaine.

Réduire le sucre a diminué la fréquence du diabète et de l'hypertension

Entre 1942 et 1953, le gouvernement britannique a imposé un quota journalier sur la quantité de sucre que les citoyens pouvaient acheter, en raison des pénuries de denrées de base survenues dans l'après-guerre. Ce rationnement alimentaire a constitué une expérience naturelle unique permettant aux scientifiques d'étudier les effets d'une réduction drastique et prolongée de la consommation de sucre à l'échelle d'une population entière.

Des chercheurs ont notamment voulu mesurer l'impact de la consommation de sucre pendant la vie fœtale et la petite enfance sur le risque de développer un diabète de type 2 et une hypertension artérielle. Pour ce faire, ils ont comparé la fréquence de ces maladies chez 38 155 adultes britanniques nés entre octobre 1951 et juin 1954 (sous rationnement) et chez 22 028 adultes nés entre juillet 1954 et mars 1956 (après la fin du rationnement).

Il s'avère que les personnes ayant consommé moins de sucre pendant la période de rationnement présentaient un risque de diabète de type 2 inférieur de 35 % et un risque d'hypertension inférieur de 20 %, comparativement à celles conçues et nées après la levée du rationnement.

La réduction de l'apport en sucre a également retardé en moyenne de quatre ans l'apparition du diabète de type 2, et de deux ans celle de l'hypertension. L'effet protecteur le plus marqué a été observé pour la période de grossesse : la réduction du sucre à ce stade précoce de la vie représentait environ un tiers de la diminution globale du risque de maladie.

Grâce au système de rationnement, la consommation de sucre avait été ramenée aux niveaux recommandés par les directives nutritionnelles actuelles : moins de 40 grammes par jour pour les adultes, et moins de 15 grammes pour les enfants de deux ans et plus. Après la suppression du rationnement en 1953, la quantité de sucre et de confiseries consommée au Royaume-Uni a presque doublé.

Dites adieu aux chips, mais pas à la purée de pommes de terre

La pomme de terre est l'une des cultures les plus répandues au monde et se décline sous de nombreuses formes : en purée, frite, bouillie ou rôtie. Sa richesse en amidon soulève toutefois des interrogations quant à ses effets sur la santé, notamment en ce qui concerne son lien avec le risque de diabète de type 2, pour lequel les données restaient contradictoires.

En analysant les données de trois grandes études de cohorte prospectives menées aux États-Unis — la Nurses' Health Study, la Nurses' Health Study II et la Health Professionals' Health Study — des chercheurs ont cherché à déterminer comment la consommation de pommes de terre, et leur remplacement par d'autres sources de glucides, influençait le risque de diabète de type 2.

Plus de 205 000 participants, représentant près de 5,2 millions d'années-personnes, ont été suivis sur plus de deux décennies. Ceux qui mangeaient sept portions ou plus de pommes de terre par semaine — une pomme de terre de taille moyenne, une tasse de pommes de terre, ou une portion de chips par unité — affichaient un risque de diabète de type 2 supérieur de 12 % à ceux qui en consommaient moins d'une portion hebdomadaire. Chaque augmentation supplémentaire de trois portions par semaine accroissait ce risque de 5 %.

Mais la façon de préparer les pommes de terre s'avère déterminante. Les personnes consommant cinq portions ou plus de chips par semaine avaient un risque de diabète de type 2 supérieur de 27 % à celles qui n'en mangeaient presque jamais. En revanche, celles qui privilégiaient les pommes de terre rôties, bouillies ou en purée ne présentaient aucun risque accru par rapport aux non-consommateurs.

Par ailleurs, remplacer les pommes de terre — sous toutes leurs formes, y compris les chips — par des produits céréaliers complets était associé à un risque réduit de diabète de type 2. La plus grande réduction du risque a été observée lorsque les chips étaient remplacées par des céréales complètes.

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  • Elle tient un blog chaleureux consacré à la vie à la campagne et à la décoration intérieure écologique. Elle y explique en détail comment prendre soin des plantes d'intérieur, aménager une terrasse, cultiver des herbes aromatiques et des légumes au jardin, et créer une décoration à partir de matériaux naturels.

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